jeudi, 30 juin 2022

Dans l'ombre du loup, d'Olivier Merle.

L'ouvrage:
Hubert Grimm, policier, a été muté depuis peu à Rennes. Il s'habitue à son équipe (Ermeline, Éric, et Corentin), et devine les failles de son supérieur. C'est alors qu'une affaire se présente. Un notable de la région, monsieur Kerdegat, reçoit des appels et des lettres anonymes. Les lettres le traitent d'assassin. Grimm et son équipe enquêtent.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. L'intrigue ne traîne pas, les rebondissements sont à propos, et les choses ne sont pas si simples que ce qu'on pourrait croire au départ. À ce sujet, l'auteur a très bien joué, même si j'ai tiqué, et dit qu'il était un peu gros que tel fait arrive avant tel autre, et que telle personne y soit mêlée. Cela ne m'a pas dérangée, c'est seulement mon côté maniaque qui s'est réveillé. De toute façon, l'énigme est cohérente.
Le romancier a habilement placé ses pions. Par exemple, il réussit à créer un écheveau de circonstances grâce auquel quelque chose que le lecteur n'attend pas arrive. Il aurait suffi que l'un des personnages soit chez lui, et non ailleurs, pour que cela n'ait pu arriver, et il était exceptionnel que ce personnage ne soit pas chez lui, et encore plus là où il était. Cela me fait penser à certains événements de la vie où il s'en faut d'un rien pour que les choses tournent d'une façon donnée.

Au long du roman, Grimm et son équipe se trouvent dans des situations délicates. L'une d'elles fait qu'Ermeline en apprend davantage sur elle-même. S'il y a une suite, il faut voir comment l'écrivain va se débrouiller de cela... Cette situation crée aussi, pour des raisons différentes, une montée de tension...

On pourrait reprocher à Olivier Merle le fait que son policier est, à l'instar d'autres, cabossé par la vie, et que cette récurrence dans les romans de ce genre est pénible. Cependant, ici, Grimm n'a perdu personne dans de terribles circonstances, et son «traumatisme» est d'actualité. Je n'avais pas pensé que cela existait, mais maintenant, je me dis qu'il doit y avoir des personnes qui souffrent du même traumatisme...
Par ailleurs, la vie privée de Grimm est très compliquée...

Les trois policiers sous les ordres de Grimm sont, eux aussi, sympathiques. Ils s'entendent bien, et leur travail peut parfois être source de petites notes d'humour, ce qui détend un peu l'atmosphère.

À l'inverse des auteurs qui écrivent des prologues qui sont une partie de la résolution de l'énigme (auteurs dont je pense beaucoup de mal), Olivier Merle a écrit un prologue dont les faits se déroulent avant ceux relatés dans le chapitre 1. Je le remercie de ne pas avoir fait comme ceux qui pensent que raconter une partie de la fin dans le prologue, tout en donnant trop d'indices, est très intelligent.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bruno Debrandt pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Sa lecture m'a plu: vivante, naturelle, sans excès.

Partage

28 lectures

lundi, 27 juin 2022

Memory, d'Arnaud Delalande.

Memory

L'ouvrage:
La policière Jeanne Ricœur vient de perdre son père. Sa mère est morte quelques années auparavant. C'est alors que son supérieur l'envoie sur une étrange affaire: le patient d'une clinique a été retrouvé pendu. Il y a des témoins. Seulement, ces témoins n'ont que cinq minutes de mémoire immédiate.

Critique:
Avec une accroche pareille, ce roman ne pouvait que m'intriguer et me tenter. Il a partiellement été à la hauteur de mes attentes. Bien sûr, avec un tel début, l'auteur fait un pari assez difficile. Comment élucider l'affaire, maintenant? C'est cette partie qui, à mon avis, est bien maîtrisée. Certains pinailleront peut-être, et diront que le lecteur devine très vite que quelque chose de ce genre est arrivé. Certes, mais de toute façon, le romancier ne pouvait pas s'en sortir autrement, et je préfère qu'il ait fait cela plutôt que quelque chose d'invraisemblable. De plus, si une partie de la solution est évidente, il manque des pièces au lecteur, pièces que l'auteur dévoile à propos.

Je pinaillerai surtout sur certains détails. Par exemple, la directrice explique que les patients de la clinique ont une mémoire immédiate de cinq minutes, et qu'ils se souviennent de leur vie jusqu'à l'accident qui causa cette perte de mémoire immédiate. Dans ce cas, comment se fait-il qu'ils puissent disputer des parties de scrabble ou de cartes? Ils savent qu'ils doivent chercher dans leur petit carnet ou dans leur téléphone, car c'est là qu'ils notent ce qu'ils veulent retenir, mais puisqu'ils ne se souviennent que de leur vie jusqu'à leur accident, comment se souviennent-ils qu'ils sont dans une clinique où ils sont traités pour leur perte de mémoire? Certes, la directrice explique à Jeanne qu'on entraîne le plus possible la mémoire des patients, et que certaines choses restent, mais j'ai trouvé que c'était un peu bancal.

Outre cette enquête qui lui met les nerfs à rude épreuve, Jeanne doit faire face aux souvenirs (encore eux) de son enfance, et doit prendre une décision délicate. Son cheminement est intéressant, et sa psychologie l'est aussi. Parfois, je me suis dit qu'elle en faisait peut-être un peu trop, mais n'ayant pas vécu ce qu'elle a vécu, je me suis aussi dit que je n'avais pas le droit de la juger. Pour moi, la fin appelle une suite, du moins concernant la vie privée de Jeanne.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Clémentine Domptail pour les éditions Lizzie.

J'ai apprécié le jeu de la comédienne: naturel, exempt d'excès.

Acheter « Memory » sur Amazon
Acheter « Memory » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

44 lectures

lundi, 13 juin 2022

Le noeud de la sorcière, de Deborah Harkness.

Le noeud de la sorcière

L'ouvrage:
Diana ayant appris à utiliser ses pouvoirs, à les maîtriser, et à en découvrir davantage sur elle-même, Matthew et elle peuvent se concentrer sur la recherche du livre de la vie. Cependant, la congrégation n'entend pas leur accorder la tranquillité, étant donné qu'ils ont bravé l'interdit du pacte.

Critique:
Le tome 3 de cette série m'a plu. Certaines choses m'ont déçue, mais j'ai réussi à en faire abstraction. Par exemple, je n'aime pas du tout ce que le lecteur découvre concernant Gallowglass. Avant de commencer ce tome, je pensais justement à cette éventualité, et me disais: «Non non. Deborah Harkness ne fera pas quelque chose d'aussi stupide. C'est bon pour les auteurs que je méprise!» Malheureusement, elle l'a fait...

J'ai aimé voir Diana évoluer. C'est un personnage que j'appréciais, au départ, mais il me semble que ses responsabilités l'ont fait mûrir. Par exemple, elle prend une décision dont elle sait que la toute première conséquence est un déchirement d'une durée indéterminée, mais voyant le long terme, elle n'hésite pas. Dans un entretien (disponible gratuitement sur Audible.fr, mais uniquement en anglais) Deborah Harkness explique que certains lecteurs lui ont dit que Diana les agaçait, car ils la trouvaient pleurnicharde. Au long de ma lecture, je n'ai jamais pensé cela, parce que je me disais qu'à la place de Diana, je serais bien moins courageuse qu'elle. Cela rejoint d'ailleurs un peu ce que répond l'autrice: «Imaginez que c'est une de vos amies. Vous voudriez l'aider, non?»

Les côtés un peu mièvres sont toujours là (voir la première critique de cette chronique), mais ils m'ont moins agacée parce que j'étais attachée aux personnages. De plus, avec tous les faits extrêmement délicats qui arrivent, les éléments un peu sirupeux sont sources de détente. ;-)

J'ai aussi apprécié les moments d'humour que l'autrice instille au milieu de la tension. Par exemple, certaines répliques d'Isabeau (notamment la fois où elle évoque son voyage avec les seize chariots), le fait que Sarah s'insère dans la famille, et une autre scène dont je ne peux dévoiler la teneur.

À la fin du tome 2, je déplorais que la romancière n'ait pas fait une certaine chose. Elle parvient à arranger un peu cela dans le tome 3. Bien sûr, ce n'est pas aussi bien que ce que je souhaitais, mais c'est mieux que si elle avait complètement laissé tomber ce personnage.

Il y a un genre de tome 4 qui est une suite sans vraiment en être une. Je ne sais pas s'il est sorti en français, mais son résumé ne me tente pas, donc je ne courrai pas après.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Helena Coppejans pour les éditions Audiolib.

Comme dans les deux autres tomes, j'ai apprécié le jeu de la comédienne. Encore une fois, elle a joué sans exagération les sentiments et les émotions des personnages. Comme elle joue bien, je lui ai pardonné ses modifications de voix pour certains rôles. Ça m'a quand même un peu agacée.
Malheureusement, dans ce tome, on revoit les deux personnes pour lesquelles la comédienne a pris un accent anglophone. Cela m'a agacée parce que ce genre de choses m'énerve, mais surtout parce que cet accent n'a pas lieu d'être, comme je l'explique dans la chronique du tome 1.
Dans le tome 2, on rencontre une certaine Phoebe, et elle est encore là dans le tome 3. La comédienne prononce ce prénom Fibi, à l'anglophone. Ici, elle n'est pas à blâmer: je ne sais pas pourquoi, depuis les années 2000, tout le monde tient absolument à prononcer ce prénom à l'anglophone. Je peux comprendre qu'on n'apprécie pas la consonance du prénom en français, mais il se trouve qu'il a une prononciation française, et que ce n'est pas la même que l'anglophone. D'ailleurs, Fibi dans une conversation en français, je ne trouve pas ça particulièrement joli, outre le fait que ça m'agace parce que ce n'est pas la prononciation adéquate selon la langue.
Outre tout cela, Helena Coppejans fait partie des très rares comédiens qui prononcent correctement le français standard. Par exemple, elle n'oublie pas d'ouvrir les «ais / ait» et de fermer les «ai». Idem pour les «o», les «eu» devant consonnes, etc.

Acheter « Le noeud de la sorcière » sur Amazon
Acheter « Le noeud de la sorcière » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

96 lectures

jeudi, 9 juin 2022

L'école de la nuit, de Deborah Harkness.

L'école de la nuit

Si vous n'avez pas lu le tome 1, ne lisez pas mon résumé.

L'ouvrage:
Diana et Matthew ont réussi: ils sont dans l'Angleterre de 1590. La jeune femme se rend vite compte qu'elle est une incongruité dans cette société: son accent, sa démarche, rien ne colle. La plupart des amis de Matthew l'accueillent chaleureusement. L'un d'eux, Kit Marlow, la déteste, car elle est l'épouse de son aimé. Alors que Matthew tente de trouver une sorcière qui aiderait Diana à maîtriser ses dons, son père, Philippe, lui ordonne de revenir auprès de lui, en France.

Critique:
Le tome 1 m'avait plu, malgré les passages guimauves. Le tome 2 m'a plu aussi, mais les passages mièvres ont failli provoquer son abandon. En réfléchissant, je me suis dit que ces passages étaient quand même vraisemblables, et même s'ils sont un peu pénibles, ils ne s'insèrent pas mal dans le roman et la psychologie des personnages. Parmi ces thèmes agaçants, on trouve, par exemple, le fait que Matthew est très protecteur, mais aussi très possessif. On trouve aussi les tourments de Matthew. C'est surtout concernant ces derniers que je pense que, malgré tout, ils vont bien à l'ensemble.

Je me suis aussi un peu ennuyée lorsqu'il est question de la reine Elizabeth...

J'ai apprécié découvrir d'autres membres de la famille de Matthew. J'ai aimé que Diana puisse frayer plus consciemment avec sa propre magie, qu'elle se fasse des amis... Il m'a plu que l'autrice crée des péripéties et des aventures pour ses personnages, même si certaines sont peu plaisantes.

Deborah Harkness est parvenue à créer de la joie et de la frustration pour le lecteur et Diana concernant le séjour d'une personne chez les époux. Ma frustration tient surtout au fait que je n'ai pas vraiment compris pourquoi cette personne n'a pas voulu parler davantage avec Diana. Certes, elle devait avoir ses raisons...
Une autre source de frustration a été le fait que Diana et Matthew ont dû se séparer de deux personnages (surtout l'un d'eux). J'aurais préféré qu'ils le ramenassent avec eux. Bien sûr, cela n'aurait pas été possible, mais j'espérais que la romancière trouverait un moyen de rendre cela vraisemblable... Je reconnais que si elle avait fait ce que je souhaitais, j'aurais dit que ce n'était pas crédible. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Helena Coppejans pour les éditions Audiolib.

Ce tome 2 est le deuxième roman enregistré par cette lectrice que je lis. J'ai beaucoup apprécié son jeu, d'autant qu'elle n'a fait aucun accent, ouf! Elle modifie un peu sa voix pour certains rôles, mais le fait toujours à bon escient, sans affectation. Son jeu est toujours naturel. Elle ne tombe jamais dans l'excès.

Acheter « L'école de la nuit » sur Amazon
Acheter « L'école de la nuit » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

82 lectures

lundi, 6 juin 2022

Le livre perdu des sortilèges, de Deborah Harkness.

Le livre perdu des sortilèges

L'ouvrage:
Diana Bishop est historienne. C'est également une sorcière qui ne veut pas utiliser la magie, car elle la tient responsable de la mort de ses parents. Un jour qu'elle fait des recherches à la bibliothèque de l'université où elle travaille, elle remarque un vampire qui semble s'intéresser à ce qu'elle fait. Lorsqu'il lui adresse la parole, elle l'éconduit rapidement. Cependant, les jours qui suivent, elle le trouve de plus en plus sur son chemin.

Critique:
J'avais peur que ce roman soit niais, mais je n'avais rien à perdre à l'essayer. Il m'a plu, car il n'est pas aussi guimauve que ce à quoi je m'attendais. Il l'est quand même... ;-)

Le sentiment amoureux est un peu rapide à naître chez les deux personnages principaux. Ils ne se connaissent pas tant que ça, et s'aiment de tout leur coeur.

Le roman est assez long, mais je n'ai pas trouvé que l'autrice traînait. Ce qui m'a un peu agacée, c'est plutôt que parfois, certains personnages se fâchent, et font beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

J'ai apprécié que Deborah Harkness, au long de son roman, invente différentes manifestations magiques. Certaines sont impressionnantes, voire effrayantes, mais d'autres sont sympathiques. Parmi ces dernières, on trouve la particularité de la maison de Sarah et Emily, ainsi que certains des habitants de cette maison.

Je n'aime pas trop ce que finissent par faire les personnages principaux, car j'ai peur de m'ennuyer dans le tome 2. À voir... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Helena Coppejans pour les éditions Audiolib.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. J'ai apprécié son jeu. Elle est parvenue à lire les passages un peu trop guimauves sans exagérer. D'une manière générale, elle a toujours joué sans excès. Malheureusement pour moi, il y a une faille. À un moment, Diana rencontre une certaine Agatha. Selon l'autrice, celle-ci a un accent australien. Malheureusement, la lectrice prend ce prétexte pour lui faire un simili accent anglophone (elle fait tous ses «r» à l'anglophone). Plus tard, le fils d'Agatha fait son apparition, et il a droit au même traitement de la part de la comédienne. Pour moi, c'est du gâchis, d'abord parce que cela m'a fait très mal aux oreilles, mais il y a une raison plus objective. Le roman est écrit en anglais, au départ. Il a été traduit en français pour que des non anglophones puissent le lire. Donc quand une américaine dit qu'une personne a un accent australien, ça reviendrait, en français, à faire un accent québécois (par exemple) pour une personne qui parlerait français. Je n'aurais pas aimé que la lectrice fît ainsi, mais si elle avait suivi son raisonnement jusqu'au bout, elle aurait dû faire des accents anglophones à tous les personnages, ainsi que lorsque Diana ou le narrateur omniscient racontait les événements. Ce n'est pas la première comédienne qui fait ce type d'erreurs que j'avoue ne pas comprendre, tant c'est gros. J'ai reproché cela au moins deux fois à Cassandra Campbell, dont, par ailleurs, le jeu est excellent.

Acheter « Le livre perdu des sortilèges » sur Amazon
Acheter « Le livre perdu des sortilèges » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

101 lectures

jeudi, 2 juin 2022

Séquences mortelles, de Michael Connelly.

Séquences mortelles

L'ouvrage:
Jack McEvoy travaille maintenant au Fair Warning, un site web publiant des articles mettant les consommateurs en garde contre de néfastes produits. Un jour, deux inspecteurs du LAPD lui rendent visite sous prétexte qu'il aurait eu des contacts avec Cristina Portrero, une femme qui vient d'être assassinée. Or, Jack ne l'a fréquentée qu'une fois, un an auparavant. Soupçonné par la police, il décide d'enquêter de son côté. Il ne tarde pas à remarquer un lien entre le meurtre de Cristina et d'autres...

Critique:
J'ai commencé par me méfier de ce roman, n'ayant pas aimé «L'épouvantail». Cependant, le résumé m'intéressant, j'ai abandonné ma réserve. J'en suis contente, car le roman m'a plu.

J'ai aimé suivre Jack dans son enquête. Il la faisait dans un cadre journalistique, et non policier, mais c'était aussi passionnant que s'il avait été inspecteur. C'est un personnage sympathique, même si, à certains moments, il était agaçant, car il semblait ne penser qu'à son article, et non aux dégâts qu'il pourrait causer.

Les rebondissements sont appropriés. Bien sûr, il en est un que le lecteur voit venir, mais je ne me suis pas ennuyée, donc je ne reproche pas ce côté un peu prévisible à l'auteur. De plus, il aurait été incongru que cet événement ne se produisît pas, et j'aurais été la première à m'en plaindre. ;-)
Je n'ai pas trop apprécié, à l'instar de Jack, qu'une question reste, mais cette question n'est ni une incohérence ni une maladresse.

Un autre rebondissement était prévisible, mais je n'y avais pas pensé. De ce fait, lorsqu'il est arrivé, j'ai eu peur, à l'instar de Jack et de Rachel. Je préfère la conclusion que lui a donnée l'auteur à celle qu'il nous fait entrevoir...

Pour son enquête, Jack s'intéresse à des questions d'ADN. Dans les romans policiers, ce genre de choses peut devenir difficile à suivre. Ici, cela ne l'a pas été.

Je n'aime pas trop la tendance de Connelly à faire fréquenter à ses héros différentes femmes. Avec Jack, il y a peut-être un espoir de stabilité...

Mention spéciale au traducteur qui n'a pas commis l'erreur que beaucoup commettent. À un moment, Jack dit que Rachel lui a dit quatre mots: «Je t'aime toujours.» Beaucoup se trompent lorsqu'il y a un article ou un pronom personnel suivi d'une apostrophe, et ne compte pas cet article ou ce pronom personnel comme un mot. Or, c'en est un.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par André Nerman pour les éditions Audiolib.

C'est le premier livre enregistré par ce comédien que je lis. Son jeu m'a plu, il n'est ni trop sobre ni cabotin, il est naturel. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Acheter « Séquences mortelles » sur Amazon
Acheter « Séquences mortelles » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio là (Audible.fr)

Partage

85 lectures

lundi, 30 mai 2022

Ma vie en listes, de Kristin Mahoney.

Ma vie en listes

Note: En version originale, l'héroïne s'appelle Annie. Dans la version française, c'est Anna. Pour moi, le traducteur a dénaturé le livre sans raisons. En effet, pourquoi remplacer Annie par Anna? J'écrirai «Annie» dans ma chronique, afin de rester fidèle à l'autrice.

L'ouvrage:
Annie va entrer en CM2. Sa rentrée se fera dans le petit village de Clover Gap, où son père vient d'obtenir un travail. Annie et Ted (son frère) ne sont pas ravis de quitter Brooklyn, d'autant qu'ils sont persuadés que la cause réelle du déménagement est due à la fillette.

Critique:
Avant de tenter ce roman, je me suis posé des questions. En effet, il est constitué de listes. Cela a commencé par me faire reculer. Puis je me suis dit qu'essayer ne me coûterait rien. Bien m'en a pris: ce livre m'a plu. Les listes sont bien amenées, bien agencées, et elles ne signifient pas qu'il n'y a aucun dialogue. Par exemple, à propos d'un événement, Annie dit: «Trois choses qu'Untel a dites.» Elle dit aussi: «Deux questions que ma mère a posées», et dès qu'elle a listé une question, elle donne la réponse qu'elle y a apporté.

Je me suis rapidement attachée à Annie à laquelle je me suis quelque peu identifiée. Je n'allais pas jusqu'à souhaiter cacher certaines capacités à mes camarades de classe par peur de ne pas être appréciée, mais certaines de ses réactions auraient pu être les miennes. La fillette s'efforce (parfois maladroitement) de vaincre ses peurs et ses hésitations, de ne pas trop prendre ombrage des méchancetés qu'on (Amélia) lui fait... Cependant, elle ne se laisse pas faire. Et puis, elle est gentille. Heureusement, cela ne finit pas par la desservir. Certains diront que tout se termine un peu trop bien, surtout en ce qui concerne ce que j'appellerai la «découverte» d'Annie en juin. Cela ne m'a pas dérangée: cela fait plaisir lorsque les choses finissent bien. De plus, Kristin Mahoney n'oublie pas de disperser de petites pincées d'humour au long du roman.

Outre les aventures scolaires et amicales d'Annie, l'autrice aborde légèrement (mais pertinemment) certains thèmes, comme le racisme, les malentendus et maladresses engendrés par des parents qui ne veulent pas inquiéter leurs enfants... et le fait que personne n'est parfait. ;-)

Pour imiter le style d'Annie:
Trois bonnes raisons de lire ce roman:
1: La plupart des personnages sont attachants.
2: Plusieurs thèmes sont pertinemment abordés.
3: Il est globalement sympathique et réaliste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Acheter « Ma vie en listes » sur Amazon

Partage

110 lectures

vendredi, 27 mai 2022

Je serai ton ombre, de Lisa Jewell.

Je serai ton ombre

L'ouvrage:
Londres.
Un soir, en rentrant chez elle, Georgia Fors, dix-sept ans, a l'impression d'être suivie. Peu de temps après, son amie, Tilly, est agressée en sortant de chez les Fors. Georgia assure que la personne qui l'a suivie est Owen Pick, le voisin, un vieux garçon de trente-trois ans...

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai apprécié que l'autrice pointe certaines choses du doigt, et ne finisse pas par tout détruire avec un coup de théâtre peu crédible. Elle s'arrange pour que le lecteur soupçonne plusieurs personnes, mais elle lui donne un guide en la personne de Saffyre Maddox, et s'arrange pour, à la fin, confirmer l'un de mes soupçons sans défaire le reste.
Quant à Owen, Lisa Jewell parvient à rendre le tout crédible par plusieurs biais, notamment en adoptant le point de vue dudit, et en expliquant ce qu'il a vécu et la manière dont il l'a appréhendé. À un moment, j'ai eu peur que certains éléments ne tiennent pas, mais non.

La psychologie des personnages est bien montrée, bien analysée.

Au long de ma lecture, j'ai eu l'impression que ce thriller était moins dérangeant pour les âmes sensibles que les deux autres romans de Lisa Jewell que j'ai lus. Dans «Comme toi», ce qui arrive à l'un des personnages m'a horrifiée, et pour moi, cela a été un énorme point noir. L'autrice n'est en aucun cas à blâmer, mais ma sensibilité a été mise à rude épreuve. J'ai eu le même type de réaction pour «On se reverra». Ici, certaines choses sont terribles, mais pas rédhibitoires. Les personnages qui ont souffert peuvent s'en sortir.

Je regrette le titre français. Pourquoi ne pas avoir traduit le titre («Invisible girl»)? Pourquoi en avoir inventé un? Certes, ce titre renvoie à la même chose dans le roman, il est moins mal choisi que d'autres...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Acheter « Je serai ton ombre » sur Amazon
Acheter « Je serai ton ombre » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

118 lectures

- page 1 de 474