vendredi, 27 mai 2022

Je serai ton ombre, de Lisa Jewell.

L'ouvrage:
Londres.
Un soir, en rentrant chez elle, Georgia Fors, dix-sept ans, a l'impression d'être suivie. Peu de temps après, son amie, Tilly, est agressée en sortant de chez les Fors. Georgia assure que la personne qui l'a suivie est Owen Pick, le voisin, un vieux garçon de trente-trois ans...

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai apprécié que l'autrice pointe certaines choses du doigt, et ne finisse pas par tout détruire avec un coup de théâtre peu crédible. Elle s'arrange pour que le lecteur soupçonne plusieurs personnes, mais elle lui donne un guide en la personne de Saffyre Maddox, et s'arrange pour, à la fin, confirmer l'un de mes soupçons sans défaire le reste.
Quant à Owen, Lisa Jewell parvient à rendre le tout crédible par plusieurs biais, notamment en adoptant le point de vue dudit, et en expliquant ce qu'il a vécu et la manière dont il l'a appréhendé. À un moment, j'ai eu peur que certains éléments ne tiennent pas, mais non.

La psychologie des personnages est bien montrée, bien analysée.

Au long de ma lecture, j'ai eu l'impression que ce thriller était moins dérangeant pour les âmes sensibles que les deux autres romans de Lisa Jewell que j'ai lus. Dans «Comme toi», ce qui arrive à l'un des personnages m'a horrifiée, et pour moi, cela a été un énorme point noir. L'autrice n'est en aucun cas à blâmer, mais ma sensibilité a été mise à rude épreuve. J'ai eu le même type de réaction pour «On se reverra». Ici, certaines choses sont terribles, mais pas rédhibitoires. Les personnages qui ont souffert peuvent s'en sortir.

Je regrette le titre français. Pourquoi ne pas avoir traduit le titre («Invisible girl»)? Pourquoi en avoir inventé un? Certes, ce titre renvoie à la même chose dans le roman, il est moins mal choisi que d'autres...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

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14 lectures

lundi, 23 mai 2022

Qui le sait?, de Lesley Kara.

L'ouvrage:
Astrid Phelbs, trente-deux ans, ancienne alcoolique, sort de cinq mois de cure de désintoxication. Elle a quitté Londres, et loge chez sa mère, à Flinstead. Elle fait de son mieux pour ne pas replonger, notamment en allant aux réunions des alcooliques anonymes, même si cela ne l'enchante guère. C'est dans cet état d'esprit qu'elle commence à avoir la sensation d'être suivie, et aussi de sentir l'après-rasage de son ancien petit ami, Simon. Or, il est absolument impossible que Simon soit à Flinstead...

Critique:
J'ai préféré ce roman au précédent livre de l'autrice. D'abord, j'ai trouvé la fin moins frustrante. Certes, j'aurais voulu que certaines choses soient précisées, mais le lecteur peut les deviner. En fait, j'aurais voulu qu'il y ait un autre chapitre avant l'épilogue, chapitre qui expliquerait davantage certaines choses. Mais c'est une frustration qu'on retrouve assez souvent chez moi, ça ne veut pas dire que d'autres en seront victimes.
D'autre part, dans «La rumeur», j'ai trouvé que Lesley Kara traînait un peu vers la fin, et pas ici.

Là encore, la romancière utilise la ficelle éculée qui fait qu'on peut soupçonner tout le monde ou presque. Je l'avais trouvée bien amenée dans «La rumeur». Ici, je pense que l'autrice s'en sort encore mieux. Je ne peux pas dire pourquoi, mais cela fait qu'elle emploie une autre ficelle qui paraîtra peut-être exagérée à certains, et qui, à mon avis, est bien utilisée.

J'ai apprécié Astrid qui est sincère dans son envie de faire peau neuve, et de réparer les fautes qu'elle a commises. Elle reconnaît volontiers qu'elle a été indigne de confiance. Elle se révolte quelque peu contre sa mère qui la surveille, mais là aussi, elle admet qu'elle l'a cherché.

Quant à l'intrigue, je l'ai trouvée bien menée. Pour moi, il n'y a pas eu de lenteurs. De plus, la romancière a su insérer quelques rebondissements à propos. Certains sont un peu maigres, mais ils m'ont plu. De plus, ils allaient tous dans un sens qui me convenait.

Il y a un semblant d'incohérence, lorsqu'Astrid surprend une phrase de la conversation téléphonique entre Richard et on ne sait qui. Astrid s'imagine qu'ils parlent de quelque chose, et plus tard, elle se rend compte qu'elle a exagéré et surinterprété. Certes, mais alors, pourquoi cette phrase? L'héroïne trouve une explication qui peut tenir la route. C'est pour ça que je parle de «semblant»: ce n'est pas une véritable incohérence, mais la solution me paraît quelque peu bancale...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Garance Thénault pour les éditions Lizzie.

C'est le premier livre enregistré par cette comédienne que je lis. J'ai apprécié son jeu. Elle ne tombe jamais dans le larmoiement lorsqu'Astrid parle du mal qu'elle a commis. Elle rend bien les sentiments et les émotions des divers personnages. De plus, elle a passé un de mes tests de pinailleuse: elle dit correctement «dégingandé».
Le seul reproche que je lui adresse tient à sa prononciation de Simon et de Richard. Elle a voulu faire du mi-anglais mi-français. Pour moi, dans un texte en français, prononcer des noms propres avec une partie d'accent peut être désastreux. Ici, cela l'est, car cela donne Saïmone et Ritcharde. Je ne vois pas ce qui aurait été catastrophique si elle avait prononcé ces prénoms comme ils se disent en français...

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30 lectures

jeudi, 19 mai 2022

Tant que le café est encore chaud, de Toshikazu Kawaguchi.

Tant que le café est encore chaud

L'ouvrage:
Japon.
Ce jour-là, le petit ami de Fumiko veut lui annoncer son départ pour les États-Unis. Il va pouvoir réaliser son rêve: travailler dans le jeu vidéo. Cela veut dire qu'il abandonne sa relation amoureuse avec la jeune femme. Il ne le lui dit pas, mais c'est une évidence. C'est au Funiculi Funicula, un café, qu'ils échangent leurs derniers mots. Frustrée par cette entrevue catastrophique, Fumiko se triture les méninges pour parvenir à modifier le cours du destin. C'est alors qu'elle se rappelle une légende urbaine concernant le Funiculi Funicula: il permettrait de revenir dans le passé...

Critique:
Lorsque ce genre de romans passe à la portée de mes mains, je souhaite toujours les lire en espérant que la sacro-sainte règle selon laquelle le passé ne doit pas être changé n'est pas en vigueur. Dans «Tant que le café est encore chaud», cette règle ne peut pas être transgressée, car quoi qu'on fasse lors d'un retour dans le passé, on ne changera pas le présent. Cependant, les personnages réfléchissent, et s'adaptent le plus possible. Ils ne peuvent pas changer le présent, mais ils peuvent, par exemple, adopter l'attitude la plus en adéquation avec ce qu'ils aimeraient que soit leur présent. L'auteur a choisi des situations que n'importe qui pourrait vivre, ainsi, il montre au plus grand nombre qu'il ne faut pas perdre espoir. Cependant, certaines situations ne peuvent pas être exactement comme dans le roman. Par exemple, celle de Fumiko ne pourrait pas être celle de chaque personne dont le petit ami part travailler dans un autre pays. Celle de monsieur et madame Fussaki, en revanche, est peut-être celle qu'on retrouve le plus souvent chez les personnes dans leur cas.

Il y en a une que je n'ai pas appréciée. Lorsque je la trouve dans certains romans, je ne parviens pas à accepter qu'elle contente tout le monde, qu'une personne semble ravie de se sacrifier pour quelque chose qu'elle ne verra jamais... On trouve cette idée dans «La commode aux tiroirs de couleur», d'Olivia Ruiz, concernant la mère de l'héroïne. C'est une idée qui me déplaît souverainement. Certes, je suis une sale égoïste... ;-) Il faudrait que je rencontre quelqu'un qui réagirait de cette manière, afin de lui poser toutes mes questions à ce sujet.

D'une manière générale, Toshikazu Kawaguchi présente de sympathiques personnages, et décrit leur caractère et les situations dans lesquelles ils sont de façon à faire ressentir de l'empathie au lecteur, excepté, me concernant, à propos de la dernière situation évoquée.

Outre cette idée de retour dans le passé, le romancier crée une ambiance très agréable. Les clients habitués discutent avec les patrons, ceux-ci et la serveuse sont chaleureux (même si cette dernière fait parfois semblant de ne pas l'être), et certaines situations sont cocasses. Par exemple, le fait que la femme en blanc ne se lève qu'une fois dans la journée, et que certains attendent cela comme le messie. À ce sujet, un événement drôle arrive, parce qu'une habituée souhaite ne pas trop attendre. L'anecdote de la malédiction est également amusante, parce que ladite ne fait pas vraiment de dégâts, et qu'elle est simple à arrêter.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Spiteri pour les éditions Audiolib.

Philippe Spiteri fait maintenant partie des comédiens que je retrouve avec plaisir, après l'avoir entendu sur deux romans. Son jeu n'est jamais ni trop sobre ni affecté. Ici, il a naturellement interprété les personnages, entrant dans leur peau sans difficultés apparentes.

J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge 2022 NetGalley.

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48 lectures

lundi, 16 mai 2022

La cité des jarres, d'Arnaldur Indridason.

La cité des jarres

L'ouvrage:
En rentrant chez eux, un homme et ses enfants ont remarqué que la porte de leur voisin, un septuagénaire, était ouverte. Ils sont entrés pour voir ce qui arrivait, et ont trouvé le cadavre du vieil homme. Il semble qu'il ait été frappé avec un cendrier, soit tombé, et se soit cogné. Erlendur et Sigurdur Oli, envoyés sur les lieux, trouvent un étrange message écrit sur un morceau de papier: «Je suis lui.». Ils se lancent dans l'enquête.

Critique:
J'ai bien aimé retrouver Erlendur, même s'il ressemble un peu trop au cliché développé par beaucoup d'auteurs: le policier travaillant beaucoup, franchissant certaines limites, n'ayant pas une vie de famille réussie... Il y a un genre de tournant dans sa relation avec sa fille, mais on ne peut être sûr que les choses iront vers un réel mieux. Disons que chacun se rend compte que l'autre tient à lui.

Les deux policiers cherchent donc à en savoir plus sur ce que faisait le septuagénaire avant qu'il ne soit tué. Leur enquête les oriente lentement vers des choses peu reluisantes qu'accomplit cet homme. De ce fait, les personnages, comme le lecteur, souhaitent que le meurtrier ne soit pas attrapé, voire que l'homme ait été tué bien avant. J'ai trouvé cela original, même si ce n'es pas la première fois que je rencontre cette idée, car à mon avis, Arnaldur Indridason amène bien ces éléments.

L'un des thèmes abordés a beau devenir un topos, ma compassion envers les victimes ne s'amoindrit pas. Le romancier en profite pour glisser que la police n'agit pas toujours de manière impartiale dans ce genre de cas. Je sais que, malheureusement, il n'exagère pas. J'espère quand même que dans la réalité, il n'existe pas de policiers aussi odieux que celui qu'Erlendur est forcé de rencontrer ici.

L'intrigue est un peu lente, mais cela ne m'a pas déplu. Les personnages sont sympathiques, l'affaire les amène à côtoyer des gens blessés par la vie, et d'autres pour qui la prison est un châtiment trop doux. Il est intéressant de s'attarder un peu sur chacun, et de se mettre un peu à leur place.

Erlendur mène une petite enquête en parallèle. Elle finit par ne pas être aussi anodine que ce que je pensais. Ce pan du roman aborde également un thème plusieurs fois évoqué, et dont l'horreur ne s'atténuera jamais.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Marc Delhausse pour les éditions Audiolib.

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58 lectures

jeudi, 12 mai 2022

La chute de la maison Whyte, de Katerina Autet.

La chute de la maison Whyte

L'ouvrage:
Zack Damon est avocat dans le domaine de l'art. Il compte demander à sa compagne, Victoria, de l'épouser. C'est alors qu'il apprend qu'Edith Whyte (la soeur de son ami, Skip) sort un livre dans lequel elle accuse son père de plusieurs crimes. Zack est étonné, car étant ami avec Skip, il a souvent fréquenté la richissime famille Whyte dans son adolescence, et le père, William, lui a toujours semblé quelqu'un de bien. Les choses se compliquent lorsque William est assassiné, que Skip est accusé du meurtre, et qu'il révoque son avocat à 500 dollars l'heure pour demander à Zack de le défendre. Celui-ci est estomaqué par cette requête, car il ne fait pas de droit pénal...

Critique:
Ce roman m'a plu. Il est assez classique: il y a un meurtre, on cherche le coupable parmi une liste de suspects, on se rend rapidement compte que la victime avait des choses à se reprocher, que certains la détestaient... Pourtant, l'ennui n'a pas du tout été au rendez-vous pour moi. D'abord, je me suis rapidement attachée à Zack. Pendant tout le roman, je trouvais bancale sa relation amoureuse, mais cela ne me disposait pas mal à son égard. Il enquêtait normalement, suivait les pistes, était objectif...

La famille Whyte fait que le lecteur se penche sur cette question qui fait toujours débat: l'argent fait-il le bonheur? Certes, quand on en a de manière démesurée, comme les Whyte, on peut s'y perdre, et cet argent peut être l'instrument de la perte. Cependant, tout le monde ne répond pas comme ceux qui se targuent d'être bien-pensants: tout le monde ne répond pas que l'argent ne fait absolument pas le bonheur. Il ne faut pas s'appeler Einstein pour se rendre compte qu'il n'y a pas de réponse tranchée à cette question. Tout est dans la nuance, qui qu'on soit. Bien sûr, Skip pleurant parce qu'il n'avait que 10000 dollars par mois est une scène un peu dure à passer pour une personne lambda comme Zack (et moi), et justement, elle montre que ceux qui ont beaucoup d'argent ne prennent pas toujours la mesure de ce qu'ils ont.

L'autrice ne s'est pas amusée à faire accuser tout le monde à tour de rôle. Elle a bien plus finement amené les choses. De plus, elle s'est arrangée pour qu'une découverte ne soit pas totalement fausse (je ne peux pas dire les choses autrement, sinon, je dévoilerais des éléments clés). Tout est cohérent, tout se tient. En outre, il y a du suspense. Il n'est pas haletant, mais il est présent.
J'ai trouvé la solution de l'énigme vraisemblable. Et puis, elle m'arrangeait, car je n'appréciais pas le personnage réellement coupable. Je confesse qu'il y avait un autre personnage que je n'appréciais pas trop (mais davantage que le coupable) et que donc, j'ai voulu lui faire endosser le crime. Or, il était absolument impossible que ce personnage soit coupable. Bien sûr, il aurait pu exister une raison secrète pour laquelle ce protagoniste aurait pu être le meurtrier, mais cela aurait rendu le roman totalement invraisemblable. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sébastien Desjours (lisant les parties narrées par Zack) et Caroline Klaus (interprétant les extraits du livre d'Edith) pour les éditions Lizzie.

Je connais surtout Sébastien Desjours en tant que comédien de doublage, j'ai lu très peu de livres qu'il a enregistrés. Ici, il s'est révélé égal à lui-même: jouant sans affectation, modifiant quelque peu sa voix, mais pas à outrance, pour certains personnages... Le seul petit reproche de pinailleuse que je lui adresserai est qu'il ait prononcé certains noms propres étrangers (les noms des rues, par exemple) en tentant de prendre un accent anglophone.

Je ne connais pas beaucoup Caroline Klaus non plus. J'ai apprécié les rares prestations d'elle que j'ai entendues, et cela a été également le cas pour son interprétation des extraits du livre d'Edith. J'espère que ces deux comédiens enregistreront davantage de livres qui me tenteront.

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60 lectures

lundi, 9 mai 2022

Tracking game, de Margaret Mizushima.

Tracking game

L'ouvrage:
Cole et Mattie ont leur premier rendez-vous, ils sont à une soirée dansante. C'est alors que Mattie reçoit un appel du shérif: on a brûlé quelque chose dans la forêt. Cole et Mattie se rendent sur place: c'est le van de Nate Fletcher qui a brûlé. Celui-ci a été extrait du véhicule... Malheureusement, avant de mettre le feu au van, quelqu'un a abattu Nate de deux balles.

Critique:
Le tome 5 de cette série m'a beaucoup plu. L'énigme n'est pas pleine de rebondissements haletants, mais Margaret Mizushima a su capter mon attention et la garder. À un moment, je pensais savoir qui était le coupable. Certes, cela aurait été trop facile, et je reconnais que l'auteur a plus finement joué que cela. Seulement, j'aurais préféré avoir raison, car je n'aimais pas ce personnage, alors que celui qui est coupable m'était sympathique. Surtout qu'après qu'on découvre son mobile, on ne peut que plaindre ce protagoniste...

À côté de cela, la vie de Mattie et de Cole continue. J'ai apprécié que malgré sa colère après sa «dispute» avec Cole, Mattie ait analysé les choses objectivement.
À l'instar d'Angie, je ne suis pas très fan d'Olivia. Je comprends que Mattie et Cole préfèrent que l'adolescente n'ait pas de ressentiment envers Olivia, et ils ont sûrement raison. Cependant, à la place d'Angie, je ressentirais la même chose, et je ne parviendrais même pas à tenir compte des conseils de Mattie et Cole.

Les animaux restent des personnages très sympathiques: Robo, bien sûr, mais aussi Bruno et Belle. Il est toujours passionnant de voir Mattie et Robo travailler. Souvent, je me dis: «Il ne faut pas que Mattie oublie de féliciter son chien!» Bien sûr, elle n'oublie jamais.

La fin relance une partie de la trame amorcée dans le tome 4. J'ai hâte de savoir ce qu'il va se passer, maintenant que Mattie a «une ouverture», si j'ose le tourner ainsi afin de ne pas trop en dévoiler.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nancy Wu pour les éditions Blackstone audio

Comme d'habitude, la prestation de Nancy Wu m'a plu. Ici, je n'ai pas trouvé qu'elle faisait un accent trop marqué au shérif MCoy.

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66 lectures

jeudi, 5 mai 2022

Disparues, de S. J. Watson.

Disparues

L'ouvrage:
Alex Young aime faire des films, et par ce biais, étudier le comportement de ses semblables. Sa nouvelle idée est de filmer une petite communauté, et de recueillir les contributions vidéo de ses membres. Son idée est approuvée par ses supérieurs, et on lui suggère d'aller filmer les habitants de Blackwood Bay. Cette idée ne l'enchante guère, car elle fit partie, des années plus tôt, de cette communauté. Elle accepte tout de même le défi. Peut-être cela l'aidera-t-il. En effet, elle sait qu'elle a connu de mauvaises expériences à Blackwood Bay, mais elle ne se souvient plus lesquelles. Elle a de gros trous de mémoire. De plus, elle s'intéresse à la disparition de jeunes filles. La première est Daisy. Elle a disparu dix ans auparavant. Elle se serait suicidée. La seconde disparition a eu lieu peu de temps auparavant. C'était une autre adolescente.

Critique:
Après avoir aimé «Avant d'aller dormir», je guettais la parution de livres audio de l'auteur. C'est donc avec empressement que j'ai lu «Disparues». Quelle déception!!!

D'abord, après avoir posé l'énigme, l'écrivain traîne. La narratrice se perd en conjectures, les éléments censés faire monter la tension s'accumulent... À mon avis, beaucoup de ces éléments étaient du remplissage, car ils ne faisaient rien avancer.
De plus, l'auteur promène le lecteur entre plusieurs coupables possibles. Certes, tous les auteurs de livres à suspense utilisent cette ficelle, mais ici, elle m'a déplu parce que je ne trouvais pas le reste palpitant.

Beaucoup d'éléments sont trop gros pour être crédibles. Que tel personnage ferme les yeux, et se persuade que les filles ne souffrent pas, cela passe difficilement. Certes, c'est expliqué, et je pense que je l'aurais accepté sans sourciller si S. J. Watson n'avait pas créé d'autres faits de cet acabit. Le pire étant, à mon avis, les raisons pour lesquelles un personnage s'est laissé convaincre... d'en tuer un autre. Alors, bien sûr, c'est expliqué, mais être jeune, amoureux au point d'être un paillasson, et être accroc à la drogue... c'est trop. On me dira que tous ces éléments rendraient n'importe qui influençables, mais le personnage influencé savait qu'il l'était, savait qu'il agissait mal, savait qu'il n'était qu'une carpette aux yeux de celui à qui il obéissait, avait même projeté, se rendant compte de tout, de tout arrêter et de s'enfuir... Donc le fait que ce protagoniste ait fait cela n'est pas crédible.

Enfin, le pompon revient à ce que nous découvrons quant à Alex, et qu'elle découvre en même temps. Là encore, c'est expliqué, mais ce n'est pas crédible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey d'Hulstère pour les éditions Lizzie.

Audrey d'Hulstère fait partie des comédiens que je prends plaisir à trouver. Ici, elle n'a pas failli: elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, et joue sans affectation les sentiments et émotions des personnages. Au départ, j'ai été ravie qu'elle prononce les noms propres étrangers sans affectation. Je me demande donc pourquoi elle a fait une exception pour David qu'elle prononce Dévide, et Zoé (sûrement écrit Zoe, car le livre est anglophone), qu'elle prononce «Zoï», à l'anglophone. C'est le seul reproche que je lui adresserai.

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lundi, 2 mai 2022

Ne te réveille pas, de Liz Lawler.

Ne te réveille pas

L'ouvrage:
Alex Taylor est médecin. Ce soir-là, elle sort de l'hôpital pour rejoindre Patrick, son petit ami. Mais cela ne se passe pas comme prévu, et Alex s'éveille immobilisée sur une table d'opération. Là, quelqu'un lui dit qu'il va la violer. Lorsqu'elle s'éveille à nouveau, elle a été prise en charge par ses collègues: on l'a trouvée dans les bois près de l'hôpital. Lorsqu'elle raconte ce qui lui est arrivé, on ne trouve rien qui pourrait constituer le début d'une preuve.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'ai lu des chroniques qui disaient que c'était lent. J'ai, moi aussi, trouvé que l'autrice traînait. Certes, il faut que le lecteur ait le temps de se faire une opinion d'Alex, que certains personnages donnent la leur... À part cela, certaines choses étaient un peu grosses pour moi. Cela fait que j'ai soupçonné le coupable avant que l'autrice ne le désigne. Certes, tout l'entourage d'Alex était suspect, mais j'avais naturellement écarté certaines personnes... pas le coupable. À ce sujet, il y a une incohérence. Alex dit quelque chose concernant son ravisseur, puis se rend compte que c'est faux. Pourtant, elle avait remarqué une autre chose qui aurait dû l'empêcher d'être si affirmative.

Je n'ai pas apprécié Laura Best, parce qu'elle décide d'accumuler toute les preuves possibles montrant qu'Alex est la coupable. Si elle avait agi par instinct, je ne l'aurais pas trouvée antipathique. J'aurais pu ne pas être d'accord avec elle, mais respecter son intuition. Cependant, dès le départ, elle n'apprécie pas Alex, et quand elle décide de suivre sérieusement cette piste, c'est surtout qu'elle a découvert qu'Alex a davantage d'avancement qu'elle. Elles n'exercent pas la même profession, mais en comparant, Laura se voit loin derrière. En outre, elle est désagréable avec tout le monde... Bref, elle est trop facile à détester.
Son collègue et patron, Greg Turner, est plus sympathique, car il ne suit pas aveuglément une piste. Il tente d'être le plus rationnel possible.

Ce n'est pas le premier roman que je lis où l'héroïne (je ne me souviens pas d'un livre où c'était un homme) semble seule contre tous, et où elle finit par être accusée de ce dont elle est victime. C'est intéressant, parce qu'on suit les événements en sachant qu'ils ont deux explications possibles. Cependant, je me demande si, à force d'être exploitée, cette façon de faire ne finira pas par lasser. J'espère que non.

Comme souvent, je trouve la fin un peu brutale. L'essentiel est dit, mais j'aurais voulu que la police trouve davantage de preuves...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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