Conduite en état Livresque

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Moi, je m'aime plutôt bien, mais je suis pas sûr que ce soit réciproque.
Philippe Geluck.

mercredi 11 juin 2008

mercredi
11
juin 2008

Coule la Seine, de Fred Vargas

Un recueil de trois nouvelles mettant en scène le célèbre commissaire Adamsberg.
Salut et Liberté : En plein mois d'août, un mystérieux clochard prend quartier sur le banc en face du commissariat d'Adamsberg. Pendant ce temps, des lettres anonymes parviennent au commissaire, parlant d'un crime dont personne n'a parlé...
La nuit des brutes : La nuit de Noël, Adamsberg est de garde au commissariat, avec un jeune policier tout juste sorti de l'école. Il lui explique que cette nuit est très particulière, mais ne livre ses victimes que quelques jours plus tard. Effectivement, trois jours après, on retrouve un cadavre de femme dans la Seine...
Cinq francs pièces : Un clochard vendeur d'éponges au rebut est témoin de l'agression d'une jeune femme, une nuit. Cette femme fait partie du ministère de l'intérieur, on presse donc Adamsberg pour obtenir très rapidement des résultats. Mais l'unique témoin n'est préoccupé que de pouvoir vendre ses éponges...

Ce recueil est le premier Fred Vargas que je lis. Mes parents, après avoir découvert l'auteure par le biais des adaptations télé et cinéma qui en ont été faites, ont été séduits par son style, et ont acheté tous ses romans. Je pense que ce recueil est très bien pour aborder le style de l'auteure, tout en finesse, presque en poésie, très agréable à lire, mais qui prend son temps, comme son héros principal.
Le commissaire Adamsberg est en effet assez spécial, dans ses méthodes déroutantes, très lent, mais en même temps efficace. Déroutant pour ses collègues, qui doivent apprendre à composer avec lui, mais aussi pour les lecteurs, qui ne sont pas habitués à de telles méthodes, très cérébrales. Il m'a un peu fait penser à un Colombo français, avec des questions qui ne semblent pas avoir l'air de vrais interrogatoires, qui, dirait-on, n'ont pas de rapport avec l'affaire, mais qui l'amènent à la bonne conclusion.
C'est aussi un personnage qui sait accueillir l'aide qui lui viendrait de l'extérieur, de gens qui ne sont pas formés à l'investigation comme lui. Il me semble assez humble, proche des gens qui l'entoure, sans en avoir l'air.
Il est épaulé, comme souvent dans les romans policiers, par son exact opposé, l'adjoint Danglard, un grand policier profondément agacé par la lenteur de son patron, mais aussi profondément respectueux et admiratif de son esprit de déduction. Le duo contrasté est un classique du genre, mais ici, Fred Vargas réussit à lui donner une identité différente, je ne saurais dire en quoi, mais qui fait qu'on se souvient d'eux longtemps après avoir refermé le roman...

J'ai été séduite par le style de l'auteure et par son héros, et je compte très bientôt lire quelques uns de ses romans. J'espère ne pas être déçue, et pouvoir la lire encore longtemps !!

Un conseil de la Livrophile : les romans de Fred Vargas mettant en scène son héros le commissaire Adamsberg sont parus dans un ordre qu'il vaut mieux respecter pour la lecture. Je vous le copie ici :
L'homme aux cercles bleus, 1992.
L'homme à l'envers, 1999.
Pars vite et reviens tard, 2001.
Coule la Seine, 2002.
Sous les vents de Neptune, 2004.
Dans les bois éternels, mai 2006.

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lundi 8 octobre 2007

lundi
8
octobre 2007

Une incroyable histoire, de William Irish.

L'ouvrage:
Buddy est un petit garçon. Il vit dans une toute petite maison avec ses parents. Parfois, il s'évade de ce monde triste, et va, par la pensée, dans des endroits qu'il juge plus beaux, où il se passe plus de choses. Ensuite, il raconte des histoires rocambolesques. Ses parents n'aiment pas trop cela. Ils voudraient bien que Buddy mette un frein à son imagination.

ce soir-là, la chaleur est insupportable. Buddy décide d'aller dormir sur le pallier de l'escalier d'incendie. C'est là qu'il voit quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir.
Le lendemain matin, son père ne le croit pas. A force d'inventer des histoires, il finit par me plus être crédible.

Critique:
Voilà une nouvelle réussie. La tension monte à mesure que Buddy entre progressivement dans le cauchemar. L'histoire est bien construite, rien n'est laissé au hasard, et le lecteur retrouve son âme d'enfant à suivre ce petit garçon seul contre tous. En effet, les enfants, pour des choses très graves, ne mentent pas, et même si on ne les croit pas, s'accrochent à ce qu'ils savent être la vérité. C'est ce que fait Buddy, et c'est pourquoi il est précipité dans cette descente aux enfers.

Lorsque la police, puis les passants ne le croient pas, le lecteur leur en veut, mais il ne peut pas dire que l'auteur en fait trop, qu'il n'est pas crédible. En effet, le stratagème imaginé par les "méchants" pour que personne ne croie l'enfant est une bonne trouvaille, et on comprend que les gens se laissent abuser.

J'aurais bien aimé que la fin s'étendît un peu plus. Que les parents de Buddy lui fassent des excuses, qu'on sente leur bonheur de l'avoir retrouvé. La fin est bonne, mais j'aurais aimé qu'elle fût un peu plus détaillée, un peu plus longue.

Ayant lu deux romans de William Irish, et ayant été extrêmement déçue par son auto-plagiat, j'ai été agréablement surprise par cette nouvelle. En effet, beaucoup de monde encense William Irish, et je ne pourrai pas dire que c'est un mauvais écrivain, étant donné que je n'ai pas assez lu d'ouvrages de lui par rapport à la quantité qu'il a produite. Néanmoins, je n'ai encore jamais vu quelqu'un faire la remarque qui m'a paru évidente: "Rendez-vous en noir" est une pâle copie de "La mariée était en noir", sauf que dans "Rendez-vous en noir", c'est un homme qui cherche la vengeance, et une femme qui a été tuée. Les rôles sont donc inversés, mais c'est la même histoire en moins bien.
Dans "Une incroyable histoire", on retrouve tout de même un subterfuge déjà employé dans "La mariée était en noir": celui du télégramme venant soi-disant d'un membre de la famille qui est malade.

Malgré cette petite critique, je vous recommande cette nouvelle. Quant à moi, il va falloir que je lise plus d'ouvrages de William Irish (qui en a écrit beaucoup) afin de me forger une opinion plus étayée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.

dimanche 30 septembre 2007

dimanche
30
septembre 2007

L'erreur est humaine, de Woody Allen

L'erreur est humaine
Difficile de faire un résumé, tant les nouvelles sont différentes. On passe de l'histoire d'une nounou qui écrit un livre afin de nuire à ses employeurs, à celle de l'enlèvement d'un homme -dont le métier est d'être doublure lumière au cinéma- qui est confondu en Inde avec l'acteur principal du film, sans oublier celle d'un riche père dont la vie bascule lorsque son jeune enfant est refusé dans une des meilleurs maternelles de la ville...
Quelques points communs les lient cependant entre elles : le goût de l'absurde, de la dérision, du cynisme, et des références souvent à la culture juive.
Rien que les titres illustrent le style général décalé : au hasard "La Lévitation divine", "A Vienne que pourra", "Ainsi mangeait Zarathoustra", ou encore "Attention chute de nabab".

Difficile de donner un avis clair, étant assez partagée... D'un côté on sait à quel ton s'attendre quand on ouvre un livre de Woody Allen, mais de l'autre... Moi qui m'attendais à retrouver le burlesque et non sens cynique de ses livres de citation, je ne les touche au final que d'assez loin...
Certes tous les éléments sont là, mais je ne sais pas, le tout a du mal a prendre... Peut-être que trop de non sens tue le non sens, ou tout simplement que je ne suis pas assez "intello" pour apprécier à sa juste valeur le maître, mais bon...
On sent que l'auteur s'est amusé en écrivant ces lignes, mais on a du mal à soi-même faire l'expérience d'un tel plaisir. A moins que, l'ayant lu en français pour une fois, la traduction y soit pour quelque chose (si quelqu'un a la version anglaise, je veux bien son avis:) ?
Bref, certains adoreront peut-être se perdre dans les dédales d'anarchie littéraire du non sens, mais j'avoue être restée sur ma fin...

mercredi 26 septembre 2007

mercredi
26
septembre 2007

La vie secrète du chat qui…, de Lilian Jackson Brown

Jim Qwilleran, LA célébrité de la petite ville de Pickax, possède deux siamois extraordinaires qui l’aident à résoudre les enquêtes qu’il mène. Mais on ne sait pas vraiment comment il les a recueillis ou adoptés. Ici, le journaliste prend la plume pour raconter la façon dont Kao-Ko-K’ung, dit Koko, et Yom-Yom sont entrés dans sa vie. Il relate aussi différentes anecdotes les concernant, et partage avec nous les chroniques qu’il écrit pour un journal local.

Second recueil de nouvelles de l’auteure de la série du chat qui…, une série pour qui aime les chats et les enquêtes policières ! Cette fois, tout est centré sur les chats et leurs facultés extraordinaires, mais laisse aussi place au dialogue que le journaliste entame avec ses lecteurs à travers la chronique hebdomadaire qu’il tient. Cela nous démontre comment un chat peut choisir son maître, ou comment un maître peut apprivoiser une représentante de la gent féline, mais aussi comment ces deux animaux vont à jamais bouleverser la vie un peu trop tranquille de Qwill…
Une nouvelle fois, l’écriture agréable et la brièveté des récits nous permet de prendre contact avec le style de l’auteure, avec les personnages principaux de ses enquêtes, et pourquoi pas d'avoir envie de nous plonger dans d’autres tomes de la série ? D’ailleurs, il me faudrait songer à vous en résumer quelques uns ici… ;-)

mercredi 19 septembre 2007

mercredi
19
septembre 2007

Légendes du comté de Moose, de Lilian Jackson Brown

Jim Qwilleran, le journaliste venu s’installer dans la petite ville de Pickax, dans le comté de Moose, une petite ville à six cents kilomètres au nord de partout, aime résoudre les mystères et énigmes qui se présentent à lui. Mais entre deux enquêtes, il arpente les rues de sa ville en récoltant les histoires des uns et des autres. Histoires de famille, anecdotes historiques… armé de son magnétophone, il écoute et enregistre tout ce que lui racontent les habitants du comté.

Que voici un recueil rafraîchissant ! Nous étions habitués aux enquêtes originales de Qwill et de ses chats, nous voici maintenant devant un très court ensemble de nouvelles originales mais familières (qui n’a jamais écouté les anecdotes de ses (arrières-)grands-parents ?).
On croise ici différents personnages familiers aux lecteurs de Lilian Jackson Brown, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu les romans de l’auteure pour comprendre. La lecture nous confrontera à plusieurs légendes ou racontars : pirates, fantômes, contrebandiers, enfants et vieillards… Bref, une façon agréable de prendre conscience du folklore que l’on oublie parfois !