Conduite en état Livresque

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L'amour est une coupe qu'on emplit à mesure qu'on y boit.
Alexandra Ripley dans "Scarlett".

mercredi 23 juillet 2008

mercredi
23
juillet 2008

Vas-y maman !, de Nicole de Buron

Annie Larcher est une femme et une mère admirable : la maison est toujours propre quand rentrent les enfants et le mari, les placards toujours remplis, le repas toujours servi à l'heure. Mais c'est aussi toujours la même chose : les enfants ne la voient pas, le mari lui parle à peine, tous mangent les yeux scotchés à la télé... Bref, elle en a marre de ses journées entre Madame Javel et Monsieur Pyrex, elle étouffe, elle veut faire quelque chose de sa vie.
Elle se trouve un emploi de réceptionniste dans une grande clinique, ce qui l'occupe dans la journée. Mais du coup, à la maison, cela va moins bien...

Un roman de Nicole de Buron très frais, très drôle, très juste, encore une fois. Elle emploie le même artifice d'écriture ("Vous" et le présent), ce à quoi l'on se fait très vite quand on a déjà lu de ses romans. Et on rentre du coup plus vite dans l'histoire. On se retrouve dans plusieurs situations décrites : la fille ado qui passe d'un amoureux à l'autre sans en parler à personne, et surtout pas à sa mère ; le fils écolo qui élève dans sa chambre toute sorte de bestioles plus ou moins agréables ; le mari PDG d'une petite entreprise qui se débat dans ses problèmes de trésorerie ; la mère qui se plaint sans cesse que vous ne l'appelez pas assez souvent, ou seulement quand vous avez besoin d'elle...
Bref, une nouvelle fois, des situations de la vie quotidienne, finement observées, fidèlement retranscrites, et toujours avec beaucoup d'humour. On rit beaucoup à certaines situations (l'épisode de la caravane, par exemple), ou du moins on ne pleure jamais à lire cette auteure qui sait rendre drôles les situations les plus graves.
On se pose souvent la question de savoir si les romans de Nicole de Buron sont autobiographiques ou totalement inventées. Au moins dans cet opus, la confusion n'est pas aussi présente : l'héroïne porte un tout autre nom (Annie Larcher), elle a toujours deux enfants, mais cette fois il y a une fille et un garçon, souvent appelés par leur prénom (Olivia et Julien), elle est une ancienne journaliste, mais tombée dans l'oubli après son mariage. On pourrait croire que dans ce roman, l'auteure cherche plus à se démarquer de son héroïne, même si les ressemblances sont toujours là. Ou plutôt, comme ce roman fait partie des premiers qu'elle ait écrits, on pourrait penser qu'elle n'est pas encore entrée dans cette démarche confusionnante qui prédominera par la suite...
Je vous conseille d'ailleurs ses romans : si vous avez un coup de cafard, cela vous remontra le moral !!

Ce roman est le troisième que l'auteur ait écrit, et a été adapté au cinéma avec Annie Girardot dans le rôle principal.

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mercredi 9 juillet 2008

mercredi
9
juillet 2008

Chéri, tu m'écoutes ? ... Alors répète ce que je viens de dire..., de Nicole de Buron

Ecrivaine et journaliste, l'héroïne ("vous") partage sa vie entre son mari ("l'Homme") et ses deux filles : "Fille Aînée", divorcée de "Monsieur Gendre n°1", deux enfants adolescents, vit avec "Monsieur Gendre n°2", père du petit dernier ("Attila") ; et "Petite Chérie", qui vole de petit ami en petit ami, pas toujours convenables. Il y a les amies aussi, soutiens et confidentes de toujours.
L'héroïne nous conte son quotidien, et ses confrontations incessantes avec l'Amour sous toutes ses formes : adultes (jeunes et moins jeunes), adolescentes ou enfantines, elles ne sont jamais simples...

C'est le premier livre de Nicole de Buron que je lis, et j'ai vraiment beaucoup aimé ce roman, j'ai beaucoup ri. Les situations cocasses, souvent véridiques (on n'arrive pas à savoir si elles sont vraies, mais on les vérifie parfois dans notre propre vie), les personnages tellement réels, les quiproquos, la pauvre grand-mère prise dans les histoires de coeur des enfants... C'est vraiment très drôle.
J'ai aussi beaucoup aimé la façon dont l'auteure raconte, l'emploi du "Vous" et du présent, qui impliquent la lectrice (ou pourquoi pas le lecteur, mais je ne sais si beaucoup de lecteurs peuvent se mettre dans la peau de l'héroïne), est un peu déstabilisante au début, mais on s'y fait très vite, et cela est bien agréable. On apprécie aussi les moments de "conversations" entre l'héroïne et le chat, qui lui répond. C'est assez drôle, et souvent finement observé : qui savait que les chats voyaient les choses ainsi ?
On sent que l'auteure prend la vie avec beaucoup d'humour. Si nous ne savons pas si elle raconte sa vie réelle ou si elle invente tout, nous pouvons penser qu'elle s'est largement inspirée de l'observation de ses contemporain(e)s pour écrire ce roman, tellement nous pouvons nous y retrouver (dans sa façon de comprendre et de manipuler l'Homme, par exemple). Il y a des moment vraiment comiques (la découverte du petit ami brésilien de Petite Chérie, ou le mariage de la mère de l'Homme), d'autres très tendres (les confidences d'Attila), mais aucun qui ne soit franchement triste. Je crois que je lirai d'autres de ses romans dès que j'en aurai l'occasion ! Un cocktail de bonne humeur qui vous remonte le moral quand vous en avez besoin, il ne faut jamais cracher dessus !

Vous trouverez ici deux autres critiques d'ouvrages de Nicole de Buron.

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mercredi 26 mars 2008

mercredi
26
mars 2008

Le magasin des suicides, de Jean Teulé

Dans un avenir lointain et une ville moderne. La famille Tuvache est, depuis dix générations, spécialisée dans le suicide. Corde, couteaux, lames de rasoirs, poisons... vous trouverez tout ce qu'il vous faut pour réussir votre mort dans leur magasin. Tout est pensé pour que vous ne vous ratiez pas : par exemple, les lames de rasoir sont rouillées, car vous attraperez le tétanos si vous ratez la veine, ou si vous ne coupez pas assez bien ; Les kimono portent une grande croix rouge pour que vous sachiez où frapper pour mourir plus vite ; certains poisons tuent par contact, ingestion ou inhalation, tout à la fois...
Mishima et Lucrèce Tuvache ont deux enfants, Vincent et Marilyn, deux ados qu'ils élèvent dans cette culture qui est la leur depuis bien longtemps. D'ailleurs, Vincent est prénommé ainsi car Vincent Van Gogh, et Marilyn parce que Marilyn Monroe, deux suicidés célèbres.
Un jour où Mishima et Lucrère testent un de leur nouveau produit, le préservatif percé, un "accident" se produit, et neuf mois plus tard, le petit Alan (parce Alan Turing, inventeur de l'informatique moderne, et également suicidé par le biais d'une pomme empoisonnée - d'où le logo d'une célèbre boîte d'informatique) vient ajouter ses boucles blondes, ses sourires et sa joie de vivre dans le magasin. Malheureusement pour les Tuvache, l'optimisme et la bonne humeur du petit dernier sont incurables, et deviennent même vite contagieux au sein de la famille...

Dès les première lignes de ce roman, nous savons à quoi nous attendre : une merveille d'humour noir, une mine d'inventions macabres, un festival de désespérés. On se trouve un peu dérouté par le début, car il n'y a aucune notion de temps ou d'espace, nous ne savons pas où ni quand nous sommes. Mais très vite, on se laisse prendre par la plume de Jean Teulé, par sa verve et son humour, pour finalement ne pas lâcher le livre avant la fin.
Le quotidien ordinaire de cette famille pas comme les autres donne lieu à de nombreux décalages avec nous, avec notre époque, et cela contribue au plaisir que prend le lecteur à lire ce roman. Et les inventions toujours nouvelles des personnages nous font bien rire.
Cependant, j'ai été très déçue par la fin, car au fur et à mesure que s'installe le rose dans cette famille tout en noir, vient aussi l'ennui, la routine, et le démontage systématique des inventions que nous avions appréciées au début du récit. Et la "chute" (le mot est très bien choisi ici) m'a laissé un arrière-goût assez étrange dans la bouche. On a l'impression que l'auteur, ne sachant comment finir son récit, a choisi de le suicider, lui aussi, par cette fin plus qu'abrupte. Alors on laisse le roman de côté, et on se laisse aller à une réflexion sur le bonheur : pourquoi faut-il, quand il s'installe, que tout se lisse ainsi ? Faudrait-il garder une part de malheur et de dépression dans nos vies, pour vraiment profiter de notre bonheur ?
Bref, on passe un très bon moment de lecture, même si le roman est trop vite fini, mais à mon avis il faudrait s'arrêter avant la fin...

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lundi 14 janvier 2008

lundi
14
janvier 2008

Brins de zinc, de Daniel Rocher.

L'ouvrage:
Daniel Rocher a recueilli ces saynètes dans divers bars , cafés et restaurants. Il nous livre ici un croustillant florilège.

Critique:
Ce livre qui rassemble des tranches de vie est à déguster sans modération. Certaines historiettes sont un peu étranges, voire surréalistes, comme par exemple, la conversation entre les deux hommes sur la femme à qui l'un d'eux a allumé une cigarette. Mais c'est justement cette incongruité, cette étrangeté qui font rire. On se dit qu'il est impossible qu'une telle scène ait eu lieu. Et pourtant, si.
D'autres scènes font franchement rire, comme celle du japonais qui va manger chez les institutrices. J'avais deviné ce qu'il avait compris avant la fin, et cela m'a donné le fou rire. Ce genre de scènes est habituel, cependant, la façon dont cela est raconté est très amusante. L'histoire est bien amenée.
Qu'elles soient incongrues, qu'elles fassent sourire ou rire, qu'elles donnent envie de frapper certains clients, ces petites histoires mettent de bonne humeur. Je n'ai qu'une envie: que Daniel Rocher (ou un autre) fasse d'autres compilations de ce genre d'histoires.

J'ai eu la chance d'entendre ce livre. Je suis convaincue que la version enregistrée apporte une autre dimension à cet ouvrage, et permet de mieux l'apprécier. Je pense que lire la version papier dans sa tête ne rendra pas le livre aussi vivant que ce qu'a fait Albert Morard, le lecteur qui l'a enregistrée pour la Bibliothèque Braille Romande. Bien sûr, il est impossible que ce livre soit lue de manière plate. J'ai souvent râlé après les lecteurs qui font des voix différentes aux personnages des livres. J'ai même parfois trouvé que ce lecteur (qui a pour habitude de faire différentes voix aux personnages pour chaque livre qu'il enregistre) exagérait un peu. Mais pour «Brins de zinc«, il est indispensable de le faire. Je dis également souvent que je préfère un livre qui n'est pas trop joué plutôt qu'un livre surjoué. Mais ici, la façon dont Albert Morard interprète ce livre est tout à fait adéquate! Je ne m'imaginais pas ce genre de livre lu autrement. Ici, le lecteur donne toute la mesure de son talent. Je ne peux que le féliciter pour son interprétation si juste! Il est exactement dans le ton. J'imaginais très bien les personnages décrits, et ce qu'ils faisaient. Je pense qu'il s'est autant amusé à interpréter ce livre que je me suis amusée à le lire. Sa façon de lire tendrait à prouver qu'il y a pris plaisir.

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mercredi 7 novembre 2007

mercredi
7
novembre 2007

Paraboles d'un curé de campagne, de Pierre Trevet

Savez-vous quelle explication les Juifs donnent pour ce "creux" que nous avons tous entre le nez et la lèvre supérieure ? Connaissez-vous la définition du Purgatoire ? Quand vous étiez enfants, comment voyiez-vous la confession, comment l'auriez-vous qualifiée ? Vous êtes-vous déjà interrogés sur certaines histoires d'amour, qui marchent alors que théoriquement, les gens sont si différents ?
Le Père Pierre Trevet, tout au long de son ministère, a receuilli ainsi une foule de petites histoires, parfois drôles, toujours sérieuses, qui nous révèlent certains aspects de la religion catholique. Ces petites histoires, ces paraboles, il nous les offre ici dans un recueil très souriant. Toutes ont été testées au cours d'homélies, retraites, auprès de jeunes et de moins jeunes, et leur efficacité à nous montrer du doigt un côté de la religion a été prouvée.
Toutes ces histoires et anecdotes sont suivies ou servent à illustrer un point précis du mystère religieux, par rapport à Dieu, à Son Fils et à ses souffrances, ou à l'Eglise elle-même ; elles nous aident à mieux percevoir le pourquoi de certaines épreuves : maladie, souffrance, deuil ; à mieux saisir le sens de certains événements et sacrement : prêtrise, mariage, sacrement des malades... Bref, de petites histoire efficaces, qui font du bien quand on les lit.
Si vous cherchez à expliquer un point précis de l'Eglise, ou si vous cherchez une accroche pour une explication, une intervention d'évangélisation, ou une animation de retraite spirituelle, ce petit recueil est fait pour vous, vous y trouverez votre compte !

Pour ceux qui ne sont pas dans cette spiritualité, eh bien, faites comme si vous n'aviez pas lu cette critique... et s'il vous plaît, ne m'incendiez pas dans les commentaires ! Mais ce blog ne sert-il pas à faire partager nos lectures et nos coups de coeur ?